Compte-rendu technique et présentation des résultats, année 2023.
Ce document est accompagné d’une annexe présentant les résultats par génotype, disponible ici : LIEN vers fiches par génotype
Les résultats spécifiques Clairette de Die sont consultables ici : LIEN vers résultats Clairette de Die
1 Contexte de l’étude
Les Résistants Rhodaniens sont des croisements réalisés par l’IFV et l’INRA pour le compte d’InterRhône. Cette expérimentation consiste en l’observation de variétés de vigne issues de croisements entre les cépages emblématiques de la vallée Grenache et Syrah avec des géniteurs résistants présentant plusieurs gènes de résistance au mildiou et à l’oïdium. La finalité est la sélection de variétés résistantes aux principales maladies cryptogamiques mais également adaptées aux conditions environnementales rhodaniennes futures (résistance au stress climatique) et présentant une typicité correspondant aux vins de la région.
Les Résistants Clairette de Die sont des croisements réalisés par l’IFV et l’INRA pour le compte de l’ODG Clairette de Die. Les croisements impliquent le parent vinifera Muscat à Petits Grains blancs et la finalité de cette expérimentation est la sélection de variétés résistantes aux maladies (polygéniques), adaptées au climat du changement climatique, avec pour objectif produit l’élaboration de crémants blancs aux arômes muscatés.
Ces deux expérimentations sont implantées sur la même parcelle viticole. Leur suivi, présenté ici, correspond au stade 2 de la sélection variétale : observations principalement viticoles de nombreux génotypes issus de ces croisements, avec peu de répétitions de pieds / génotype. À l’issue de ces observations sur plusieurs millésimes, les génotypes les plus intéressants seront répliqués et replantés en plus grand nombre pour permettre des observations viticoles, œnologiques et environnementales plus poussées.
1.1 Dispositif expérimental
La parcelle est située au domaine expérimental de la Chambre d’Agriculture du Vaucluse, à Piolenc.
Sa plantation a débuté en 2019 et s’est prolongée en 2021 puis en 2022.
Densité de plantation 0,90 x 2,25m.
3 rangées ont été plantées en 2019 :
- Rang 1 : Témoins vinifera traités Grenache et Syrah. Il y a une quinzaine de placettes de chaque cépage, parmi lesquelles seront identifiées chaque année des placettes « non traitées » qui varient chaque année.
- Rangs 2-3 : 48 génotypes Résistants Rhodaniens, avec témoins internes et bouts de rangs Floreal et Vidoc.
6 rangées ont été plantées en 2021 :
- Rangs 4 à 8 : 107 génotypes Résistants Rhodaniens, avec témoins internes et bouts de rangs Floreal et Vidoc.
- Rangs 8-9 : 40 génotypes Résistants Clairette de Die, avec témoin interne et bout de rangs Muscaris.
3 rangées ont été plantées en 2022 :
- Rang 10 : 16 génotypes Résistants Rhodaniens, 4 génotypes Résistants Clairette de Die, 5 génotypes à parent Muscat de Hambourg, avec témoin internes et bout de rangs Floréal / Vidoc / Muscaris
- Rang 11 : 5 génotypes « ResDur 2 » (Selenor, Opalor, Lilaro, Coliris, Sirano) : cette rangée a complété la parcelle expérimentale afin d’acquérir des données sur ces nouvelles variétés dans un contexte d’observation cohérent.
- Rang 12 : Témoins vinifera traités (Grenache, Syrah, Muscat PG). Il y a une dizaine de placettes de chaque cépage, parmi lesquelles seront identifiées chaque année des placettes « non traitées » qui varient chaque année.
Les placettes de chaque génotype comportent 5 ceps.
Les génotypes ont été renumérotés avec attribution d’un code « RRXXX » ou « RMXX ».
Plan du dispositif expérimental des Résistants Rhodaniens et Clairette de Die à Piolenc
Détail des croisements implantés
Détail des effectifs par parent
1.2 Météo du millésime 2023
Diagramme ombrothermique
Le millésime 2023 est caractérisé par un début de saison sec, faisant aborder la saison viticole avec pessimisme. De bonnes pluies au mois de juin on permis au vignes de passer la saison. Cependant l’été sec qui a suivi a été difficile pour les vignes situées dans les secteurs les plus superficiels : tout dépendait de la réserv utile à disposition. Une canicule avec 4 jours de forte chaleurs autour du 20 août a pu localement abîmer les raisins et choquer les vignes qui n’ont pas toujours pu redémarrer leurs maturations (flétrissements et raisins cuits).
1.3 Itinéraire viticole
Les vignes du dispositif en 5ème feuille devaient être mises à l’épreuve sur le plan de la contrainte hydrique. Elles n’ont pas été irriguées avant fin juillet. En revanche les vignes en 3ème feuille ont reçu à partir de début juillet des tours d’irrigation de 24h, environ une fois par semaine. Ensuite, l’irrigation des 5ème feuille devait être ouverte début août alors que les vignes commençaient à montrer des signes de contrainte moyenne à forte. Cette irrigation a été retardée pour cause de problèmes techniques (tuyaux arrachés et programmateur defectueux). L’arrosage n’a pu être effectif que mi-août. Entre temps, la contrainte, qui était modérée, est passée à forte sur la partie de la parcelle dont les sols sont moins profonds.
Ci-dessous, le modèle bilan hydrique proposé sur la parcelle, en tenant compte des différentes profondeurs de sol.
Remarque : un système de double tuyaux permet d’irriguer de façon sélective les placettes situées côté sud de la parcelle, zone plus stressante, sans irriguer le nord des rangées là où le sol est plus profond.
2 Observations viticoles
Seule la partie du dispositif plantée en 2019 a été observée en 2023. Les vignes étaient en 5ème feuille.
Sur la partie plantée en 2021, pour laquelle les vignes étaient en 3ème feuille : quelques notations partielles ont été effectuées, les génotypes ayant été égrappés en partie et irrigués pour faciliter leur implantation.
Sur la partie plantée en 2022, les vignes étaient en 2ème feuille, en cours d’établissement : elles sont été égrappées en totalité.
2.1 Débourrement
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2.1.1 Cinétique de débourrement
Le débourrement des vignes a commencé dès le 16 mars pour les génotypes les plus précoces, pour se terminer mi avril pour le génotype le plus tardif au débourrement, le RR011.
Cinétique de débourrement
Photo prise le 20 avril 2023 : tous les génotypes ont plusieurs feuilles étalées, sauf le RR011 au stade “pointe verte”
2.1.2 Date de débourrement
La date de débourrement est la date à laquelle plus de 50% des bourgeons dépassent le stade pointe verte. Ci-dessous le graphique regroupe les dates de débourrement, calculées par régression linéaire pour chacun des génotypes d’après le graphique précédent.
2.1.3 Débourrement par millésime
Ci-dessous la date de débourrement, à gauche sans / à droite avec visualisation graphique du parent vinifera (Grenache ou Syrah)
2.2 Coulure et millerandage
La plupart des génotypes observés ne présentent pas ou très peu de coulure ou de millerandage. Cependant certains génotypes présentent une coulure parfois complète (les grappes entières coulent et avortent sur tout ou partie du cep) et répétée sur les millésimes 2022 et 2023. C’est le cas par exemple du génotype RR007 dont seuls des grapillons sont visibles à la récolte. Ces informations peuvent être consultées, génotype par génotype, dans les fiches individuelles LIEN
Coulure sur RR007
Coulure sur Floreal
2.3 Développement végétatif et surface foliaire
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2.3.1 Surface foliaire
La surface foliaire semble être très dépendante de la disponibilité en eau du sol et, en ce millésime difficile, le développement du feuillage des différents génotypes dépend plus de l’hétérogénéité de la parcelle que des caractéristiques propres à chaque génotype.
Les débuts de rangées, au nord de la parcelle près de la haie sont bien plus vigoureuses que le reste du dispositif.
Pour pallier cette hétérogénéité, des tuyaux d’irrigation “borgnes” ont été déployés sur ces parties de rangs plus vigoureuses, afin que les vignes ne soient pas irriguées si elles ne sont pas en stress hydrique (lorsque la partie Sud commence à montrer des signes de contrainte).
Développement du feuillage et hétérogénéité parcellaire en 2023
2.3.2 Défoliation au cours de l’été
Le stress hydrique a causé des défoliations, constatées dès la mi-juillet. Ces défoliations se sont amplifiées au cours de l’été. À cette date, les génotypes ayant défolié le plus fortement avaient perdu environ 70% de leur feuilles. Les deux placettes de Floreal implantées dans ces zones plus difficiles comptent parmis les plus défoliées.
La visualisation de ces valeurs va dans le sens de l’hétérogénéité parcellaire constatée.
Pourcentage de défoliation lors des observations de juillet et août
Pourcentage de défoliation, visulation sous forme de plan, 2023
2.4 Maladies
Lors d’un passage en octobre 2023 l’ensemble des génotypes a été observé (aussi bien les 5ème feuille que les 3ème feuille, les 2ème feuille et les ResDur2).
On été notés :
- le poucentage de feuilles présentant des nécroses
- l’intensité globale (en %) de surface foliaire affectée par les nécroses de résistance
- le type de nécroses : petites nécroses ou “petits points”, nécroses plus importantes rondes avec ou sans liseré, grosses taches allongées…
- la localisation préférentielle des nécroses : ensemble du limbe, jeunes feuilles, le long des nervures…
- présence ou non de black-rot et intensité de l’attaque (BR, BR++). Certaines taches présentes font penser à des tâches de black-rot mais l’intérieur des taches est de couleur plutôt grise au lieu de brun clair avec picnides. Nous avons appelé ce fasciès “BR bloqué”. Est-ce une manifestation d’un certain niveau de résistance à cette maladie ?
Ci-dessous le tableau récapitulant l’ensemble des résultats de ces observations maladies.
Voici quelques exemples de ce qui peut être observé sur le dispositif :
Le Grenache témoin (traité) à gauche et le Grenache témoin non traité (à droite) pour lequel on constate une défoliation quasi totale.
Nécroses de résistance faciès petits points noirs
Nécroses de résistance faciès gros points noirs
Nécroses localisées de façon préférentielle le long des nervures
Nécroses de résistance faciès grosses taches brunes à liseré
Fructifications sèches sur Muscaris
Fructifications actives sur un des génotypes, le RR091
Black-rot actif sur jeunes feuilles
Black-rot “bloqué” sur jeunes feuilles, avec centre de la tache gris au lieu d’être brun avec des picnides
2.5 Véraison et durée de cycle
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2.5.1 Cinétique de véraison
La véraison a débuté mi-juillet et s’est achevée la première semaine d’août.
2.5.2 Date de véraison
La date de véraison a été estimée, pour les cépages rouges, en appréciant le pourcentage de baies ayant changé de couleur. Pour les cépages blancs, elle est appréciée par palpation des baies et estimation du pourcentage de baies molles. Ci-dessous le graphique regroupe les dates de véraison, calculées par régression linéaire pour chacun des génotypes d’après le graphique précédent.
2.5.3 Véraison par millésime
Ci-dessous la date de véraison, à gauche sans / à droite avec visualisation graphique du parent vinifera (Grenache ou Syrah)
2.6 Durée de cycle
La durée de cycle débourrement - véraison en degrés.jours (base 0 depuis le 1er janvier) a été calculée avec les données météo de la station de Piolenc sur les millésimes 2021-2022-2023.
Les trois graphiques ci-dessous présentent ces données, classées respectivement pour les variétés observées :
- par ordre croissant de durée de cycle
- par ordre croissant de date de débourrement
- par ordre croissant de date de véraison
Ces graphiques permettent une comparaison avec les témoins et quelques valeurs de référence (Grenache, Syrah, Merlot, Chasselas) obtenues dans la bibliographie (Garcia de Cortazar-Atauri et al., 2017 ; Parker et al., 2020)
2.7 Potentiel de production
Une estimation grossière du potentiel de production est réalisée début juin. Elle a pour but d’anticiper les génotypes qui seront récoltés et vinifiés.
Cette estimation est basée sur un comptage de grappes, la taille des grappes, l’importance des accidents tels que la coulure ou le millerandage, ainsi que le poids des baies (en reprenant de poids des baies de 2022).
3 Suivi maturité
Le suivi de maturité commence début août, environ une semaine après le stade “100% véraison”. 50 baies par génotype sont prélevées chaque semaine (10 baies par cep) et sont pesées. Après pressurage modéré les moûts sont analysés en interne au laboratoire matu de l’Institut Rhodanien : Acidité Totale par titration à la soude et Titre d’Alcool Volumique potentiel avec un refractomètre électronique (exprimé en Brix mais reconverti en degré d’alcool).
3.1 Degré d’alcool potentiel
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3.1.1 TAVP à la récolte
Voici les graphiques d’évolution (à gauche) de de valeur à la récolte (à droite) de titre d’alcool potentiel.
La vigne a eu soif entre fin juillet et début août. L’irrigation massive apportée lors de la remise en eau du système d’irrigation a permis de soulager les vignes, mais pas toujours de faire redémarre les maturités : de nombreux génotypes ont ainsi vu leur degré stagner, autour de 11% d’alcool potentiel.
3.1.2 TAVP par millésime
Ci-dessous le degré potentiel d’alcool à la récolte à gauche sans / à droite avec visualisation graphique du parent vinifera (Grenache ou Syrah)
3.1.3 Date d’atteinte d’un degré moyen (calculée)
Afin de comparer entre eux les génotypes entre eux les génotypes en termes de précocité à degré d’alcool équivalent, une date d’atteinte d’un certain taux d’alcool est calculée, pour chaque génotype, par régression linéaire.
Ce degré d’alcool calculé est la valeur du premier quartile des valeurs de TAVP à la récolte de l’ensemble de la population. Cette valeur de 1er quartile permet de comparer les génotypes plus précoces avec les génotypes les plus tardifs sans trop d’erreur d’appréciation, contrairement à la valeur médiane, qui n’est (ou ne serait) jamais atteinte par les génotypes les plus tardifs.
Cette valeur de premier quartile est donc différente pour chaque millésime. Elle était de 13% en 2021, 12% en 2022 et 11% en 2023, année où sécheresse et défoliations importantes ont entraîné des blocages de maturation sur de nombreux génotypes.
Cette date calculer est à considérer de la même façon que les stades phénologiques débourrement et véraison présentés précedemment, et permet d’apprécier la durée de la maturation et la tardivité des génotypes.
Ci-dessous la date d’atteinte d’un degré moyen à la récolte, à gauche sans / à droite avec visualisation graphique du parent vinifera (Grenache ou Syrah)
3.2 Acidité totale
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3.2.1 AT à la récolte
Voici les graphiques d’évolution (à gauche) de de valeur à la récolte (à droite) de l’acidité totale.
3.2.2 AT par millésime
Ci-dessous l’acidité totale des raisins à la récolte à gauche sans / à droite avec visualisation graphique du parent vinifera (Grenache ou Syrah)
3.3 Poids des baies
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3.3.1 Poids de 50 baies
Voici les graphiques d’évolution (à gauche) de de valeur à la récolte (à droite) du poids de 50 baies.
3.3.2 Regonflement des baies
Sur le graphique d’évolution du poids des baies (onglet précédent), figurent les doses d’irrigation, appliquées de façon assez massive mi-août après un mois de juillet sec, et après réparation des tuyaux de goutte-à-goutte. La forte dose était nécessaire afin de sauver les vignes en état de défoliation importante.
On constate que certains génotypes ont vu le poids de leur baies repartir à la hausse, d’autres non.
Ce caractère viticole “aptitude au regonflement des baies en cours de maturation” est propre à chaque variété et a pu être apprécié de façon indépendante, génotype par génotype, en interprétant les graphiques des suivi de maturité. (–> graphiques individuels à retrouver dans l’annexe des fiches indivuelles par génotype)
Ci-dessous exemple des capacités de regonflement de deux génotypes :
À gauche, le RR031 est un génotype dont les baies ne regonflent pas malgré les pluies.
À droite, le RR048 est un génotype dont les baies on pu regonfler suite aux apports d’eau en cours de maturation.
3.3.3 Poids 50 baies par millésime
Ci-dessous le poids des baies à la récolte à gauche sans / à droite avec visualisation graphique du parent vinifera (Grenache ou Syrah)
4 Récolte
Les notations précises n’ont été effectuées que pour les génotypes ayant été vinifiés.
Lorsque la récolte n’était pas suffisante (le poids visé est de 7 à 8 kg pour l’ensemble de la placette), seuls des morceaux de grappes étaient récoltés, pour conservation d’un échantillon de moût au congélateur.
4.1 Rendement (récolte par cep)
Sur les graphiques de récolte ci-dessous figurent les seuils figuratifs de rendement, en hL/ha, calculés pour la densité de l’essai (0,90 * 2,25m = 4938 ceps / ha) avec 10% de tournières théoriques et un rendement en jus de 130kg=1hL.
Cela donne les équivalences suivantes :
2.63 kg par cep ~ 90 hL/ha
2.05 kg par cep ~ 70 hL/ha
1.46 kg par cep ~ 50 hL/ha
0.88 kg par cep ~ 30 hL/ha
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4.1.1 Par génotype
Sur ce graphique les données des différentes placettes de témoins récoltées (FLoreal et Vidoc) sont rassemblées et moyennées.
Pour une visualisation par placette, voir onglet suivant
4.1.2 Par placette
Sur ce graphique de rendement par placette, l’hétérogénéité du dispositif se constate pour les témoins Vidoc et Floreal qui ont plusieurs placettes réparties sur les 2 rangées d’observation.
4.1.3 Par parent vinifera
Y-a-t-il une influence du parent génétique sur le rendement observé ?
Le dispositif étant déséquilibré avec moins de descendants de Grenache que de Syrah, il est pour le moment difficile de le mettre en évidence par la simple visualisation des données. On constate que parmi les hauts rendements il y a des descendants de Grenache comme de Syrah, idem parmi les bas rendements. Notons tout de même que les descendants de Grenache sont plutôt implantés dans la partie de la parcelle où le sol est plus superficiel.
4.2 Nombre de grappes par cep
4.3 Poids des grappes
5 Appréciation globale à la récolte
5.1 Résistants Rhodaniens en 5ème feuille
Une visite a été effectuée fin août par les chargés d’études et stagiaires partenaires impliqués dans le projet afin de donner une note d’appréciation globale (j’aime / j’aime pas, noté de 1 à 4, 4 étant la meilleure note). L’objectif de cette notation est d’éliminer progressivement de nos observations les génotypes faisant consensus vers le bas, parce qu’ils présentent des défauts rédhibitoires.
Ci-dessous le graphique montre les génotypes classés par notes totales décroissantes.
Pour mémoire, les mêmes graphiques en 2022 et 2021.
Après avoir centré et réduit les notes des différents millésimes on peut répartir, pour chaque millésime indépendamment, les génotypes par catégories du moins apprécié au plus apprécié : 😡 🙁 😐 🙂 🤩
Ci-dessous les appréciations ainsi résumées des trois derniers millésimes, pour les Résistants Rhodaniens en 5ème feuille.
5.2 Résistants Rhodaniens et Clairette de Die en 3ème feuille
Les génotypes actuellement en 3ème feuille ont également été appréciés de la même façon (note sur 4).
Ayant été égrappés et irrigués plus confortablement que le dispositif en 5ème feuille, ils sont présentés séparément car les critères de comparaison sont différents.
À gauche les génotypes Résistants Rhodaniens et à droite les génotypes Résistants Clairette de Die.
Ci-dessous les appréciations représentées par des emoji en 2023 pour les Résistants Rhodaniens en 3ème feuille (à gauche) et les Résistants Clairette de Die (à droite).
6 Vinifications
6.1 Génotypes récoltés
6.2 Process standard
6.2.1 Vinification en rouge
Après une année de test en 2022 où différents types de contenants et différentes températures de FA ont été testés, un protocole standard de vinification en rouge adapté aux mini-volumes de cet assai a été défini.
En voici les grands principes :
Vendanges
La quantité de récolte doit être comprise entre 7 et 8kg. En général cela correspond à une production totale pour les 5 ceps de la placette. Si la production est supérieure à 8kg, une sélection des raisins est effectuée au vignoble.
Égrappage
La récolte est égrappée à l’aide d’un petit éraffloir qui a été modifié pour les besoins de l’essai, car la version d’origine dilacérait les grappes et de nombreux morceaux de rafles se retrouvaient dans la cuve. Le fouloir a été retiré car il était situé en amont de l’égrappoir. Le hérisson a été amélioré avec des pales plus larges et plus espacées.
Intrants
Les doses d’intrants sont standardisées et basées sur une récolte théorique de 8kg par cuve.
- Sulfitage à 3 g/hL
- Thiazote 20 g/hL si nécessaire (en 2023, les oûts n’étaient pas carencés, au contraire : cet apport n’a pas été effectué)
- Levurage avec la levure 2323 à 20 g/hL
- Co-inoculation avec bactérie lactique ML-Prime le lendemain de l’encuvage à 10 g/hL
Fermentation alcoolique
La fermentation alcoolique se déroule dans une salle climatisée dont la température est fixée à 21°C.
Les raisins sont fermentés en récipients inertés et pressurisés à large ouverture appelés “soda-kegs”, de volume utile d’environ 10L.
Comme ces récipients sont dépourvus de vannes de soutirage, les moûts en pleine fermentation sont oxygénés à l’aide d’une canne avec fritté en inox pour injecter de l’air sous le marc par bullage.
Voici ci-dessous un exemple de cinétique de fermentation observée.
Pressurage
Sept jours après encuvage les moûts sont pressés à l’aide d’un petit pressoir pneumatique de capacité 20L. La pression appliquée est de 1bar environ pendant 10 minutes, avec une rebêche. Le vin récupéré est retransféré dans le même récipient, et remis en salle à 21°C pour les quelques jours de fin de fermentation en phase liquide, jusqu’à consommation totale des sucres.
Élevage et stabilisation
Après contrôle analytique de fin de fermentations alcoolique et malo-lactique, les vins sont soutirés dans des récipients plus petits équipés d’une tête d’inertage (Kegs à bouchon ball-lock, de contenance 3 ou 5L). Les vins sont sulfités afin d’atteindre un niveau de SO2 libre d’environ 30 mg/L, et sont ensuite stabilisés à froid pendant une semaine pour éviter les précipitations tartriques en bouteille.
Mise en bouteille
Le volume utile mise en bouteille est compris entre 3 et 5 litres, les vins sont mis en demi-bouteilles.
6.2.2 Vinfications en blanc
En 2023 deux vins blancs ont été produits : ceux des témoins Floreal et Muscaris. Les raisins ont été pressés (pressurage direct). Après débourbage, les moûts sont mis à fermenter dans des “soda-kegs” à large ouverture. La température de fermentation visée était de 18°C.
6.3 Analyses des moûts et des vins
Résultats des analyses oenologiques, à gauche des moûts et à droite des vins fin FA
7 Analyse sensorielle
L’analyse sensorielle des vins de 2023 n’a pas encore été réalisée.
Les vins de 2022 ont été dégustés au mois de juillet 2023.
Ci-dessous un tableau récapitulatif de la note d’appréciation moyenne des vins.
Pour chaque vin dégusté, un nuage de mots représentant les grandes caractéristiques sensorielles du génotype, établies par la méthode de dégustation CATA (Check All That Apply) : les dégustateurs cochent les descripteurs ressentis parmi une liste préétablie de 15 critères.
Sur cette représentation graphique la taille des descripteurs est proportionnelle au nombre de fois où ils ont été cités pour un même vin, dégusté par une quinzaine de dégustateurs.
Ci-dessous, exemple de quelques nuages de mots. Les autres résultats de dégustation sont détaillés pour chaque génotype dans les fiches individuelles.